Oui à force de réfléchir à un sujet potentiel, je me suis rappelé de cette belle phrase cartésienne « Cogito ergo sum » qui signifie Je pense donc je suis. Occultons tout le questionnement philosophique que cette phrase soulève et prenons la au premier degré.

Pensons.

Le voilà le verbe. Je propose à Maknie ce qu’elle pense du verbe penser et elle réfléchit. Elle en khmer, moi en français.

Voici en quelques lignes le résumé – version light, je vous épargne les turlupinages (du verbe turlupiner) – de notre réfléxion sur le verbe penser.

Maintenant que le verbe est trouvé, le problème est de voir qu’est-ce qu’on doit en faire. Je reste dans l’expectative, j’ai bien tenté de résoudre ce problème en posant la question au prof, mais la réponse apportée n’y répond pas vraiment. C’est un peu comme quand on va chez un(e) conseiller(ère) d’orientation, tu y vas plein d’espoir avec une question qui te turlupine, une question essentielle existentielle, et tu attends la réponse qui te sortira de cette impasse, mais quand tu sors de son bureau tu as encore plus de question qu’à l’entrée, tu es encore plus perdu. Vous voyez ce que je veux dire ? C’est ce que j’ai ressenti. La réponse ne m’a pas vraiment aidé puisque l’aspect essentiel du sujet, la source de mes problèmes n’y figurait pas : le multilinguisme, du français à la langue cible.

Maknie et moi commençons par réfléchir à la traduction dans sa langue de quelques phrases que je lui donne en français en nous contentant du présent de l’indicatif du verbe penser.

En français, le verbe penser est polysémique. Cette polysémie s’explique par ses caractéristiques syntaxiques. En effet, il peut être :

-intransitif : Je pense ( donc je suis ;))

-transitif direct : Je penser changer de voiture ( j’en ai pas lol)

-transitif indirect : Je pense à ma famille

Chaque construction a une valeur sémantique différente. C’est le cas en français, mais en khmer c’est pire. On utilise un verbe différent pour chaque valeur sémantique.

C’était un week-end, on était dimanche et il fallait avoir quelque chose à présenter au prof même si on continuait à nourrir l’espoir (😉 M. Daube) de pouvoir changer de sujet.

Dans la panique – ont ne veut pas courir le risque d’arriver les mains vides au prochain  cours – je me suis quand même lancée dans une recherche d’url en tapant sur google « je pense à , puis,  tu penses à, puis, il pense à, etc. » Ah oui, j’ai oublié de préciser que finalement on a fini par réduire notre penser à penser à  c’est-à-dire le transitif indirect. On verra plus tard pour les niveaux d’analyse en supposant que ce soit analysable.

Maknie doit chercher toutes les formes verbales possibles qui pourraient correspondre au français  penser à. Bon courage !

Vous comprenez maintenant pourquoi le blog s’appelle penserfrancokhmer.wordpress.com ?

 Sam